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De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie

Viviane Du Castel

Résumé : La culture de l’information et les pratiques informationnelles durables sur les problématiques énergétiques actuelles est indispensable, d’autant que les opinions publiques veulent des débats constructifs, réversibles et situés le plus en amont des projets. Ainsi, de nouveaux rapports au temps, à l’espace et à l’information s’établissent dans l’environnement actuel des affaires. Dans le secteur de l’énergie plus spécifiquement, le processus est basé sur l’information / communication afin de favoriser la confiance. Dans le même temps, l’information est devenue un enjeu démocratique pour nombre de pays, de régions et de communautés, et c’est sur cette base que les entreprises énergétiques vont pouvoir et même devoir, dans bien des cas, appuyer leur stratégie à des fins de réalisation d’objectifs de compétitivité mais également d’acceptabilité et d’appropriation par les opinions publiques.

Mots clés :
énergie, information, intelligence stratégique, acceptabilité, pratiques informationnelles durables.
Introduction

L’accélération des technologies de l’information et de la communication (TIC) à travers le monde amène à un repositionnement de la culture informationnelle dans une société où l’hyperinformation va de pair avec la « génération Y », constituée des  « Digital natives » (18-25 ans), souvent cyberdépendants. De nouveaux codes et comportements tant personnels que professionnels s’établissent peu à peu dans un écosystème en mutation où la « génération Y », constituée des« Digital natives » (18-25 ans), souvent cyberdépendants. Cette situation est intéressante au regard de l’utilisation de l’information à des fins d’acceptabilité des changements. Les nouvelles doxas des jeunes dans le secteur de l’énergie en témoignent. Dès lors, la gestion et la maîtrise de la complexité générée par la pluralité de l’information représentent de véritables enjeux et atouts stratégiques pour la culture organisationnelle des entreprises, notamment dans le secteur énergétique (la transition énergétique, dans la plupart des États, passe par un bouquet énergétique comprenant une part de plus en plus importante laissée aux énergies renouvelables, au côté des énergies fossiles et du nucléaire)(Prensky, 2012).

Dans ce contexte, l’accès à l’information sur les problématiques énergétiques actuelles (libre d’accès sur Internet, gratuite et disponible à tout instant, sans tabou et en toute transparence) est indispensable. Les opinions publiques veulent des débats constructifs, réversibles et situés le plus en amont des projets. Toutefois, le traitement de l’information (Deschamps et Moinet, 2013) relève d’une démarche d’intelligence économique (IE) qui vise la maîtrise de l’information à la fois utile et stratégique par les acteurs demandeurs. De nombreux outils sont ainsi à disposition (analyse, qualification des sources Web, moteurs de recherche, brevets, réseau, analyse Pestel, matrice, mapping…). Ils sont basés sur quatre axes déterminants : information-documentation-savoir-communication. Dans le même temps, de nouveaux rapports au temps, à l’espace et à l’information s’établissent dans l’environnement des affaires. Le changement, quand il se confronte à la dépendance à l’énergie et à la stabilité des populations, est perçu comme une menace qui entraine des résistances ; quand il est accepté, au contraire, le changement devient un outil permettant le choix et l’action après trois phases essentielles : le repérage, la distanciation et l’exposition. De fait, les opposants parviennent à lâcher prise, acceptent la réalité nouvelle qui leur est proposée et favorisent ainsi l’accueil du changement dans leur quotidien. Dans le secteur de l’énergie plus spécifiquement, le processus est basé sur l’information/communication afin de favoriser la confiance (Audétat et Voirol, 1998).

L’énergie s’inscrit dans une problématique géoéconomique fondamentale en constante évolution. Les récentes crises énergétiques ainsi que la reconfiguration internationale du pouvoir politique, militaire, économique et social bouleversent les plans des entreprises du secteur ainsi que leur territoire. La géopolitique et ses instabilités compliquent la lisibilité des mutations des marchés (découverte de nouveaux gisements d’hydrocarbures, confirmation de la tendance haussière des prix, menace de fermeture du détroit d’Ormuz, lancement de Nord Stream, [le 8 novembre 2011], tensions sur les terres rares, interrogations sur le nucléaire au lendemain de Fukushima[1]…). Au XXIe siècle, les matières premières énergétiques s’imposent comme stratégiques tant leur rôle et leur poids sur les économies, les sociétés et les risques liés à la sécurité des approvisionnements sont forts (hausse des cours longs et des prix de l’énergie, désorganisation des marchés de change, fluctuations des prix sur les recettes d’exportation et sur les activités des pays producteurs, influence des cours boursiers…). L’Union européenne (UE) est placée face à de nouveaux enjeux stratégiques auxquels Bruxelles se doit d’apporter une réponse pragmatique, équitable et transparente pour les vingt-sept États membres. Le XXIe siècle est un siècle de transition énergétique et, selon les prévisions pour l’après 2050, le monde se stabilisera au plan démographique, les pays émergents auront fini leur rattrapage et il y aura sans doute moins de problèmes avec les ressources fossiles (Leornardo, 2012). L’objectif de cet article est d’étudier la pertinence de l’intelligence économique (IE) comme outil de culture de l’information et des pratiques informationnelles durables. Il convient de s’interroger sur les pratiques informationnelles durables et leur réalité dans le secteur de l’énergie.

L’analyse vise à apporter un éclairage sur le monde énergétique futur selon les approches informationnelles en cours dans ce domaine. Cet article cherche à pérenniser une démarche d’informations stratégiques et utiles- la gérer, donc quelles pratiques informationnelles adopter, pour que ce secteur accepte les changements ? De façon complémentaire, l’information est stratégique dans le secteur énergétique et nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas là d’un vecteur d’acceptabilité des changements[2] ou comme d’un outil communicationnel ? La méthodologie de recherche repose sur une synergie entre la recherche et les applications dans le cadre de la problématique de départ, tout en prenant en considération le contexte global basé sur des études pluridisciplinaires académiques ainsi que sur des hypothèses globales explicitées, comme autant de scénarios d’occurrence. Ainsi, trois axes peuvent être ici envisagés : l’information, outil d’anticipation informationnelle ; une acceptabilité des changements grâce à une information communicationnelle ; vers une appropriation des changements par l’opinion publique. Nous abordons ces axes dans les sections qui suivent.

1. L’information comme outil d’anticipation informationnelle

L’information, ou du moins la connaissance (si nous nous rappelons le continuum données information, connaissance, action) (Lacoste, 2012), c’est le pouvoir. Plus encore que la véracité et la pertinence, c’est l’intention qu’il s’agit de déceler désormais derrière l’information. Actuellement, la société de l’hyperinformation et l’environnement d’hyper-compétitivité dans lequel évoluent les entreprises énergétiques obligent celles-ci à accroître leur sécurité économique[3] grâce à l’anticipation et l’innovation. L’information et l’intention seront alors l’enjeu déterminant de la sécurité économique grâce à la maîtrise de l’accès à connaissance et à son rôle de soutien à l’innovation et à l’esprit entrepreneurial. La sécurité économique est ainsi un levier indispensable à la politique générale de l’entreprise, afin d’anticiper les vulnérabilités, les risques et les menaces en protégeant les informations stratégiques ainsi que les outils collaboratifs (Rissoan, 2011). 

1.1. Information : outil de gestion des menaces et des risques

La société de l’hyperinformation au XXIe siècle, avec ses dérapages ouvrent ainsi la voie à la déstabilisation de l’information stratégique[4]. L’influence, par exemple, occupe une place prépondérante dans les relations internationales. Ainsi, entre 2000 et 2011, le monde est passé des « cyber-vandales »[5] à de « nouvelles menaces persistantes avancées » que sont les « hackivistes »[6] aux mutations idéologiques, les cyber-guerriers qui cherchent à semer le chaos.

Ainsi, ce nouvel cyber-espionnage (ex. : Stuxnet, Flame, etc.) est, le plus souvent, mené avec l’approbation tacite ou explicite d’États autoritaires ou corrompus. En effet, la puissance des États se trouve ainsi maximisée tout en se prémunissant contre les menaces potentielles ou réelles, en prévenant les vulnérabilités. L’information s’affirme comme une véritable arme dont le cyberespace est le terrain d’opérations de prédilection pour toucher la société réelle. La démarche d’IS s’inscrit dans un processus qui concerne aussi bien les États que les entreprises. Comme le précise régulièrement Bernard Carayon, « la puissance d’un pays réside dans sa capacité à imposer des normes et à rendre l’information puissante » (SSTIC, 2004).

Les nouvelles formes de guerre de la société de l’hyperinformation opèrent comme une guerre classique, mais avec des spécificités particulières, telles que la place accrue du soupçon comme nouvelle forme d’intimidation, la nécessité de forte stratégie d’influence comprenant de nouvelles identités induisant de nouveaux rapports de force. Actuellement, la sécurité doit passer par la souveraineté numérique. Ainsi il convient de rappeler les propos du maréchal Foch, « Sachez pourquoi et avec quoi vous agissez, vous saurez comment il faut agir » (Foch, 1905).

D’autre part, sur un plan socio-affectif, la recherche permanente d’équilibre apparaît souvent comme contradictoire avec les changements, perçus notamment par les « Digital immigrants » comme une source de déséquilibre amenant à des postures de renfermement correspondants à des ressentis de situation. À titre illustratif, il convient de citer (Audétat et Voirol, 1998) la peur qui engendre un réflexe de protection et de dépassement ; la joie, un ressourcement ; la colère, l’imposition de limites ; la tristesse, la demande d’aide (…). Or, l’anticipation, favorisée par l’accès à l’information permet une préparation en amont des événements à venir, limitant par conséquent les effets négatifs du changement (politique d’accompagnement et de communication, être à l’écoute des acteurs…)(Audétat et Voirol, 1998). Dès lors, quatre étapes caractérisent le processus favorisant l’acceptabilité sociale d’un projet dans le secteur énergétique conditionnant l’exploration et l’engagement : « du déni (refus de voir et de prendre en compte les changements) à la résistance (empêcher que le changement ne s’applique à soi) pour permettre un déclic stimulant l’exploration (essayer les changements possibles) pour parvenir à un engagement (avancer sur une nouvelle voie grâce à la motivation de l’entourage et la gestion du changement) » (Scolt et Joffre, 2007).

Est-ce qu’il est possible d’affirmer, dans ce contexte, que l’on se dirige vers un « Internet responsable » qui prendrait en compte les « règles communes pour une meilleure protection de l’enfance sur Internet ; le renforcement de la lutte contre le piratage ; le soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat ; la promotion d’un Internet libre ? »[7] , quand l’on sait que toute navigation sur Internet laisse une trace qui peut être exploitée même si elle a été officiellement effacée. Ces traces sont une véritable identité numérique. Il est alors indispensable de veiller à mesurer le niveau d’influence numérique de l’entreprise afin de déterminer la qualité de la réputation en ligne ; de mettre en place des dispositifs d’alerte pour gérer cette réputation ; d’avoir une forte réactivité douce pour limiter la contagion ; de détecter les propos négatifs et de gommer leur trace tout en évitant de l’amplifier ou de créer un buzz négatif ; enfin, il est indispensable de publier du contenu positif afin de diluer les traces négatives (Robin, 2011).

1.2. Information, outil de démocratisation…

Internet et plus globalement les webtechnologies sont autant d’outils déterminants pour l’IS pour la culture de l’information et les pratiques informationnelles durables. Il s’agit là d’un outil au service d’une méthode préétablie en fonction des besoins et des attentes des acteurs[8].

Les TIC favorisent le jeu démocratique en connectant les individus[9] et cette mise en relation favorise l’innovation, objectif capital dans le secteur de l’énergie et qui nécessite un passage obligé de la résistance à l’enthousiasme par rapport au changement. Dès lors, il convient de mettre à jour des éléments favorables (Venkatch et David, 2000) qui permettent de bâtir l’acceptabilité sociale - d’expliquer le projet dans son ensemble (a priori, conception, réalisation) en caractérisant le contexte (Venkatch et David, 2000).

L’information est devenue un enjeu démocratique pour nombre de pays, de régions et de communautés, et c’est sur cette base que les entreprises énergétiques vont pouvoir et même devoir, dans bien des cas, appuyer leur stratégie à des fins de réalisation d’objectifs de compétitivité mais également d’acceptabilité et d’appropriation par les opinions publiques ; ces dernières seront alors dans une position d’acteur agissant et non plus dans une posture passive favorisant la contestation et le refus de projet. Le schéma ci-après permet une compréhension des différentes étapes de la démocratisation de l’information (Scolt et Joffre, 2007) :  

Figure 1 : Démocratisation de l’information

Il convient de souligner que, si l’accès à l’information est un droit[10], sa diversité et sa multiplicité en font un élément déterminant propice tant à la désinformation qu’aux manipulations, outils privilégiés de la guerre économique actuelle. Toutefois, c’est cette même diversité qui favorise la libre information, la libre opinion et la démocratie grâce à la transparence, à la confiance dans les relations entre les gouvernants et les citoyens et à son interaction, rétablissant du même fait l’équilibre entre intérêt particulier et intérêt national et en recréant un véritable débat public sur les décisions énergétiques (ex. : poids des lobbies, Think tanks…). À titre illustratif,des grands chantiers énergétiques souvent contestés par les opinions publiques qui s’invitent dans le débat. Dans ce contexte, la stratégie de l’Union européenne est passée d’une logique offensive à celle de partenaires obligés. Une nouvelle coopération entre États avec les industries énergétiques se met en place. Elle est intéressante car elle permet de détecter le plus en amont possible, les besoins stratégiques grâce à une nouvelle politique industrielle prenant en compte davantage les partenariats pour la maîtrise des vulnérabilités et des risques (Blanc, 2011).

1.3. …ou de manipulation de l’opinion publique ?

Dans une société qui est de plus en plus en demande d’information et de transparence au nom de la démocratie réelle dans laquelle les citoyens auraient un rôle à jouer, les problématiques énergétiques connaissent une désinformation et un manque d’information chroniques. Les citoyens sont fortement demandeurs de responsabilisation et s’emparent du débat public sur les questions énergétiques (ex. : gaz de schiste, énergies renouvelables), amenant ainsi les politiques à des déclarations sur l’avenir, plus intenses à l’approche d’une échéance électorale tant en Europe qu’aux États-Unis. Dans le même temps, lorsque ces mêmes citoyens sont informés, ils remettent largement en question les propos tenus et se sentent manipulés (aussi bien par les industriels que par les décideurs politiques). 

L’influence, la contre-influence et la manipulation, sont bien souvent le produit des lobbies énergétiques et leurs associations professionnelles associées, afin de persuader les décideurs politiques, économiques et sociaux que « leur cause est juste ». Leur poids ne cesse d’augmenter au point que la tendance au plan international serait de les considérer comme une véritable « diplomatie parallèle » au service des entreprises énergétiques. L’influence politique passe par les chefs d’entreprise pour défendre des intérêts catégoriels, groupes d’influence… L’exemple de la bataille du gaz de schiste en est l’illustration parfaite. Le poids des lobbies aux côtés des industries pétrolières est incontestable et déterminant. Autre thème caractéristique, celui du nucléaire, surtout au lendemain de Fukushima car de nombreux postes-clefs sont fortement soutenus par des lobbies nucléaires, ce qui explique les conclusions du rapport de la commission « Energie 2050 » (Percebois, 2012) où, dans les scénarios d’occurrence présentés, le nucléaire apparait comme la seule énergie rentable, sûre, écologique… Actuellement, le lobby du nucléaire français est aidé et soutenu par ses sous-traitants certes, mais aussi par les syndicats (la CGT en tête…). L’influence s’impose donc chaque jour un peu plus comme une stratégie payante, notamment dans le secteur énergétique (savoir-faire, contacts, puissance, poids, méthodes…)[11]. Citons l’exemple de la société russe Gazprom qui a bien compris le rôle et la nécessité de l’influence et de la contre-influence et qui a régulièrement recours aux méthodes de « g+ (Europe) »[12], cabinet spécialisé en communication politique et influence.

Dans ce champ de confrontations, il est clair que l’influence est déterminante : la défiance à l’égard de l’autorité et la contradiction sont ainsi devenues des armes d’influence/contre-influence dans le nouveau « grand jeu » de la manipulation à laquelle se livrent les entreprises énergétiques pour rester et/ou devenir leader. Les temps de crise favorisent cette stratégie permettant de conserver des alliés politiques et économiques au projet défendu par les entreprises au nom de l’intérêt général[13].

L’incident de Fukushima est symptomatique de la puissance de l’information et de sa manipulation, ainsi que de la résistance au changement et donc de la difficulté à bâtir l’acceptabilité sociale dans le cas de certains projets énergétiques. En effet, alors même que ce ne sont pas les installations ni la sécurité nucléaire japonaises qui ont fait défaut, une peur du nucléaire s’est instaurée dans les opinions publiques partout sur la planète, amenant les leaders politiques à changer leurs programmes, du moins en apparence. Cette peur s’auto-entretient par l’ignorance des populations face au nucléaire. Toutefois, il convient de tirer quelques enseignements de cet incident : mise en relief de la grande instabilité énergétique dans laquelle se trouve le monde actuellement, compréhension des incidences de la hausse de demande énergétique des pays émergents, menace d’explosion des prix, accroissement des gaz non conventionnels en Europe, diversification des prix énergétiques, relation climat-pollution, gains en efficacité énergétique et fragilisation de la confiance dans l’énergie nucléaire (Chevalier et Geoffron, 2011).

2. Une acceptabilité des changements grâce à une information communicationnelle

Face à ces problématiques, l’IS apparaît comme un véritable laboratoire d’expérimentation en temps réel. Dès lors, si l’information est plus accessible à tous, les utilisateurs deviennent « consommateurs-producteurs » et ils parviennent à créer, de fait, de nouveaux systèmes de production et de diffusion de l’information qui leur donnent la possibilité de prendre position par rapport aux projets énergétiques. Conséquemment, les parties prenantes se doivent de surveiller toutes les positions exprimées ou possibles, dans le processus de communication, afin d’identifier des solutions ou d’anticiper des crises grâce à la lecture des signaux faibles disséminés dans ces systèmes. Leur mise en relief,dans un monde en permanente évolution, nécessite une adaptabilité et une flexibilité rapide, associées à une imagination face aux objectifs visés (Benmansour, 2011). Ceci n’est pas sans rappeler les enseignements de Sun Tzu, qui précisait : « Celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu'elles ne surgissent. Celui qui excelle à vaincre ses ennemistriomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent » (Sun Tzu, 1978). Puisque le risque doit être identifié pour être maîtrisé et qu’il convient de se protéger face aux incertitudes (Delbecque et Pardini, 2008), l’importance de l’anticipation informationnelle n’est plus à démontrer.

2.1. Savoir pour prévenir les ruptures

Au cours des années, le risque a connu une évolution qui a amené les analystes à parler du passage de l’approche sécurité (curative) à une stratégie de sûreté (préventive), dans un continuum sécurité-sûreté-stratégie qui met en lumière les vulnérabilités réelles et/ou potentielles des organisations (structures et rapports de force des réseaux, nature des risques, mesure de prévention, gestion du temps) (Gaultier-Gaillard et Louisot, 2004). Ainsi, le risque est intégré dans une logique globale à des fins d’opérationnalité stratégique. Les risques de sécurité[14] de sûreté[15] sont devenus environnementaux et managériaux (e- réputation, risque pays, risques sociétaux, etc.) (Besson et Possin, 2006). La relation entre les hypothèses pour le futur et la réalité est à mettre en interaction, afin d’être à même de gérer l’imprévisible (Head, 1967). Pour ce faire, il convient de mettre en place des outils spécifiques de maîtrise de « l’art de la guerre » et du risque économique, afin de cibler la concurrence, d’identifier les menaces, les risques et les informations à protéger, d’établir des hypothèses pour le futur.

S’il est nécessaire pour les entreprises de « voir loin en arrière pour voir loin en avant », l’anticipation est indispensable afin d’identifier les risques à venir[16] en matière de questions économiques (macro et micro), politiques, environnement des affaires, environnement institutionnel. Dans ce but, les meilleurs outils sont encore la veille[17] et l’anticipation[18] qui sont autant de radars pour mieux comprendre les interconnections et les enchaînements. Il s’agit là de véritables outils d’aide à la décision. La prévention et la gestion des risques nécessitent de maîtriser l’information (recueil, interprétation) afin de pouvoir l’analyser en termes de risques, de menaces, de vulnérabilités. La surveillance de l’environnement met en exergue les informations stratégiques. La constitution d’une « war room » est souvent préconisée, afin de mieux visualiser l’information en temps réel, de conduire et gérer les actions, de réagir face aux événements, et d’intervenir si nécessaire. De plus, une stratégie de communication est indispensable et doit impérativement concerner l’ensemble des acteurs en tenant compte des informations protégées et sécurisées. Cette redéfinition des rôles et des méthodes de tous les acteurs de la sphère énergétique est cruciale. La connaissance de tous les acteurs et de tous les facteurs impliqués et impactants favorise une meilleure appréhension de l’ensemble des relations et des interactions ; cette prise en compte de toutes les dimensions du jeu économique permet de suivre l’évolution de la situation grâce à une analyse collective et des scénarisations, afin d’assurer / gérer la prévention et la gestion des ruptures (Caste, 2011).

Ces impératifs de maîtrise de l’environnement en évolution obligent les entreprises énergétiques à implanter des systèmes d’information nombreux et diverses, afin de prendre les bonnes décisions[19]. Ces dispositifs collectent, traitent, synthétisent, analysent et diffusent les informations stratégiques[20] pour les distribuer au bon moment, aux bonnes personnes (décideurs, opérationnels). Il convient toutefois de définir préalablement et de déterminer la typologie et les sources de ces informations stratégiques, puis, de maîtriser la méthodologie de la veille[21] et de l’intelligence stratégiques afin d’optimiser les compétences, l’expertise et la productivité. L’appel à ces radars organisationnels permettent aussi non seulement de surveiller l’évolution de la concurrence, mais aussi la diversification des stratégies managériales, dont les éventuelles fusions ou alliances – encore une fois, un rappel de ce que Sun Tzu enseignait : « Ceux qui ne connaissent pas le plan de leurs adversaires ne sont pas prêts pour la négociation » (Sun Tzu, 1978).

Dans le cadre de la prévention des risques, les acteurs se doivent de suivre trois étapes essentielles dans leur dispositif de surveillance : appropriation du processus d’intelligence stratégique, hausse de l’efficacité et de la qualité, mise en action progressive des méthodes et des démarches (Paillard, 2011). C’est dans ce contexte que la sécurité et la sûreté s’inscrivent comme autant d’outils d’anticipation d’intelligence stratégique.

2.2. Une gestion à dessein de l’information

Dans le cadre de la démarche de veille, puisque toutes les informations reçues n’ont pas la même validité et ne doivent pas être considérées sur le même plan (fiabilité, validité, sincérité, pertinence, etc.), le recoupement des informations est obligatoire, afin d’éclairer sur les pourquoi et les comment des décisions de tel ou tel acteur de la façon la plus objective possible, en relativisant les informations reçues et obtenues et en se fixant pour objectif principal de contrôler et de confronter les points de vue à la réalité. Il est nécessaire d’être prêt à recueillir et à recouper l’information où qu’elle se trouve afin d’anticiper les scénarii d’occurrence dans les analyses et d’évoluer dans la recherche et la réflexion. Il convient alors, afin d’avoir une analyse pragmatique, de se poser les bonnes questions au bon moment et de les adresser à la bonne personne afin d’éviter au maximum les manipulations de l’information – il s’agira en fait de parvenir à déterminer les acteurs concernés, les tenants et les aboutissants des situations, selon la logique de toute démarche scientifique[22].

Lorsque l’information est absente, cela génère des inquiétudes, des impuissances, de la contrariété. Par contre, si l’information est disponible, il ya instauration d’un climat de confiance parce qu’il y a perception des intentions, des valeurs des professionnels, des compétences des professionnels. Les termes utilisés sont importants : si le discours est trop technique, l’opinion publique a des sentiments de menace, méfiance, soupçon, pas vrai…Le traitement du risque repose sur un axe quadruple (Dorfman, 1957) : la rétention des risques, l’atténuation des risques, l’élimination des risques et le transfert des risques. Ces opérations doivent avoir lieu sans perdre de vue les objectifs des acteurs émetteurs. Ainsi, le débriefing permet de valider, de faire des retours d’expérience, de vérifier le respect des objectifs visés, de communiquer, de sensibiliser les acteurs, de vérifier l’acuité de l’opération, de faire un reporting pratique face au marché (surveillance), ainsi qu’un reporting des outils à disposition mais aussi de gérer des informations stratégiques et des systèmes d’informations. Ces solutions permettent d’anticiper et de prévenir les menaces en avertissant les responsables des actions ciblées (cartographie des risques), et d’apprécier la sensibilité et la responsabilisation des acteurs.

2.3. Gestion des incertitudes

De nos jours, les risques se sont amplifiés et deviennent quasi-imprévisibles. Malgré tout, les objectifs de performance à long terme des organisations exigent une certaine capacité à gérer l’imprévisible. D’où la recherche d’une maîtrise de l’environnement et du monde des affaires, surtout dans le nouveau contexte international fortement diversifié depuis 1991 (globalisation des marchés, émergence de nouveaux acteurs, développement des NTIC, nouvelles guerres économiques, développement des intérêts nationaux, crises économiques, pays émergents, enjeux des matières premières, économie sécuritaire, émergence de la Chine dans le jeu international,…) (Badie, 2012). Les implications induites par la notion de risque sont multiples : audace, courage, tempérament, discipline, volonté et responsabilité. Pour y faire face, des moyens spécifiques existent : gestion de l’effort, économie des moyens, mobilisations des acteurs, discipline intellectuelle, apologie de l’action, respect de l’objectif visé, esprit d’initiative, pensée de l’action (Guitton, 1969).

Maîtriser les risques incite à ne pas subir mais au contraire à être le maître du jeu et à conserver la prise de décision. La pratique du risque est indispensable à la vie des acteurs, comme accélérateur de développement et de pérennité. Un pilotage intégré du risque doit se dessiner avec des moyens de protection, une évaluation des acteurs pour mieux anticiper, un débriefing après crise relatif à la gouvernance, l’organisation, l’opérationnalité et le contrôle. De ce fait, une vision holistique est indispensable pour identifier, mesurer, évaluer et agir sur les événements impactant potentiellement une organisation (Aubert et Bernard, 2004).

La prévision et l’anticipation étant deux stratégies fondamentales face aux enjeux et défis du XXIe siècle, la démarche à adopter consiste en la considération en premier lieu du rôle de l’influence de la manipulation menant jusqu’à la guerre économique, ensuite en l’examen des scénarios de déstabilisation et des contremesures appropriées à leurs impacts (Yunker, 2003).

3. Vers une appropriation des changements par l’opinion publique

Pour le domaine qui nous intéresse – le secteur énergétique, la géoéconomie et l’intelligence stratégique permettent de savoir, de prévoir mais aussi et surtout d’anticiper, en tenant compte des risques économiques, politiques et humains mais aussi des interdépendances entre les nouveaux risques. Dans toute appréciation des risques encourus, il est nécessaire d’être capable d’appréhender les grilles d’analyse et les dynamiques des stratégies économiques et financières internationales, liées aux enjeux et aux défis du XXIe siècle. Ceci permet de comprendre que la nouvelle donne géoénergétique a des implications directes et indirectes sur les réseaux transnationaux, influençant la gouvernance en construction et que les dynamiques économique et financière internationales s’inscrivent dans une alternance de crises majeures et d’essor des nouveaux marchés. L’on comprend de plus que la mondialisation devient acteur, grâce à la déréglementation et à la désintermédiation financière, sur les marchés énergétiques et parmi les flux financiers donnés par les nouvelles technologies toujours plus innovantes (Cahen, 2010). Il convient alors de questionner la possibilité de l’existence des débats démocratiques, sous la coupe de forces majeures à l’œuvre à l’échelle globale.

3.1. Un débat démocratique ?

Le débriefing en direction des communautés est capital dans la mesure où il favorise la capacité de détention et de prise en compte des signaux faibles, tout en conservant un esprit critique, voire contradictoire, d’une part, et, d’autre part, de faire preuve de transparence en vue de l’obtention de l’acceptabilité sociale. En effet, comme il n’y a pas de situation à risque zéro, il convient de l’anticiper et de communiquer à son sujet, en vue d’une nécessaire prise de conscience collective que les risques sont toujours présents, à tout instant. Cette conscientisation doit être assimilée, intégrée, d’où la possibilité d’agir en conséquence, de ne pas se laisser dépasser par les risques, d’aller de l’avant (Vietor, 2007), tout en ayant mobilisé toutes les parties prenantes.

La collecte de l’information destinée à alimenter le débat est possible par l’intermédiaire d’un faisceau de méthodes : observations directes (réunions publiques, enquêtes publiques), entretiens individuels (téléphone, enquête terrain), groupe de discussion en petit comité (15-20 maximum) avec un animateur pour une discussion structurée et encadrée, analyse du discours (programme de veille, analyses), sondage par questionnaire (instrument de communication, enquête marketing, simulation de l’informatique). Dès lors, le discours d’acceptabilité pourra répondre à des attentes spécifiques afin de favoriser la confiance, les compétences, l’équité…L’information peut être puisée dans les enquêtes de l’UE (Eurobaromètre, AIEA) et elle doit être soutenue par une adaptation des stratégies de communication qui divergent selon les conditions de chaque pays, puisque les problématiques énergétiques ne sont pas partout prioritaires dans la même mesure ou face aux grands problèmes de société (chômage, inflation, criminalité, terrorisme…). Il faut aussi se rappeler que les opinions publiques divergent sur une réflexion en profondeur au sujet de la question énergétique, en raison, entre autres, d’un manque d’information ou de mauvaise information, ce qui entraine des changements d’avis ou de preuves du contraire : « corrélation entre les niveaux des contenances et l’acceptation de l’énergie nucléaire ». De plus, les opinions publiques n’ont plus confiance dans les médias traditionnels ni dans les pouvoirs publics, mais prennent plutôt en considération les avis des scientifiques ou des autorités de sûreté (Ex. : Autorité de sûreté nucléaire-ASN). Il est donc nécessaire de donner la bonne information au bon interlocuteur : il existe de « fortes corrélations entre le niveau de confiance du public dans la législation nucléaire, les autorités de sûreté nucléaire et les exploitants de centrales nucléaires. Le niveau de confiance est plus élevé dans le pays qui possède déjà des centrales nucléaires ». Dans cette optique les mesures pour accroître la confiance sont : les campagnes d’information des pouvoirs publics et industries nucléaires, l’amélioration de l’ouverture des transports, la participation plus active des parties prenantes à la prise de décision (ex. : forum sur la confiance des parties prenantes de l’AEN) (Kovacs et Gordelier, 2009).

3.2. Participation des populations, facteur de réussite ?

Si les outils de pilotage d’aide à la décision sont indispensables pour limiter les surprises et accroître les certitudes, limiter les résistances aux changements, optimiser l’utilisation des ressources, simplifier et accélérer les prises de décision, éviter les dépenses inutiles, mieux gérer la maintenance, il ne faut pas oublier l’importance de la transparence, de la gouvernance, de l’éthique et du principe de précaution, comme compléments qui favorisent la résilience stratégique et la capacité de rebond, en plus d’aider à gagner la confiance des autres parties prenantes. Ces leviers devraient eux aussi être au cœur des préoccupations stratégiques des entreprises du secteur énergétique, pour lesquelles le fait de décider, signifie agir en anticipant les situations et les évolutions, en prévenant les risques et en demeurant responsables (Ratcliffe, 2010), tout en favorisant la participation de tous les acteurs concernés.

La participation des opinions publiques est nécessaire pour évaluer la compétence des professionnels et les capacités de gestion et la maîtrise du risque (Vergerette, 2006). La convention d’Arrhus[23] rend obligatoire l’accès à l’information et la participation (« lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence ») du public en matière d’environnement. Dès lors, le public doit être prévenu très en amont, le projet doit être réversible (plusieurs possibilités), le public doit avoir des délais suffisants par rapport à la procédure et doit pouvoir le consulter gratuitement. L’accès à toute l’information doit être possible sans avoir à se justifier. La concertation est indispensable pour favoriser l’appropriation des changements par les opinions publiques, surtout lorsque celles-ci sont associées à des politiques de transparence, d’éducation des populations pour faire comprendre les enjeux énergétiques. À titre illustratif, il convient de citer la loi Barnier, en France (2 février 1995) (Percebois, 2012).

3.3  Vers une acceptation de l’impossible « zéro risque »?

L’acceptabilité est une problématique importante, car elle dépend des répercussions du déploiement des énergies face au prix fixé au consommateur, mais aussi face à l’intérêt général et face aux changements. Il est désormais nécessaire d’avoir la meilleure information des enjeux et des interactions entre les énergies (ex. : informations par rapport aux coûts, aux impacts, aux filières, aux différentes technologies…). Il est également nécessaire de prévoir une concertation (incitation économique, structure de financement plus participatif, organisation de débats publics face à l’avenir, politique énergétique). Des problèmes induits peuvent apparaître (ex. : manque de communication, résistance aux changements, etc.) sont dus à la nécessaire vulgarisation d’un sujet aussi technique et complexe, vu que les points du débat portent sur les choix technologiques, le coût, la politique industrielle, l’emploi, la fiscalité, ainsi que sur les systèmes énergétiques, les technologies, les réseaux de transport, de distribution, les infrastructures, la politique énergétique, les risques, le gaz de schiste, le principe de précaution, les énergies renouvelables, le prix, etc. (Percebois, 2012). Et surtout, sur le risque zéro qui n’existe pas (ex. : Fukushima), puisqu’aucune énergie n’est idéale (ex. : nucléaire, gaz de schiste, stockage carbone, énergie renouvelable) : il est impératif donc de rendre explicite l’impossibilité du risque zéro et la nécessité de l’acceptabilité des projets énergétiques et de leur utilité pour l’intérêt général.

Dans le même temps, cette acceptabilité n’est pas emprunte de freins. Un exemple probant est la problématique du nucléaire en France : « absence de polémique autour de la filière et montée en puissance de la problématique du changement de climat. L’énergie nucléaire apparaissait de plus en plus comme la solution efficace afin de produire de l’énergie dé-carbonée » (Bonneval et Lacroix-Lanoë, 2011). L’énergie nucléaire est nécessaire car elle n’a pas d’alternative viable. Il est nécessaire « d’établir des normes d’acceptabilité fixant des limites en dessous desquelles les situations sont déclarées acceptables » ; s’il y a un seuil, il est nécessaire de prendre des mesures adéquates et installer un débat démocratique[24]. Si l’incident de Fukushima n’a eu que peu d’impact sur les opinions publiques en France, cela tient à une forte tendance pro-nucléaire historique, en contradiction avec la réaction de l’Allemagne, plus favorable aux énergies renouvelables et au syndrome « not in my backyard »(Percebois, 2012). A contrario, l’Allemagne est une exception en Europe[25]. Dans ce même ordre d’idées, il convient de revenir sur les conséquences de Fukushima qui font que l’Allemagne, l’Italie et la Belgique prévoient la sortie totale du nucléaire. Toutefois, ces politiques ne sont que le renforcement de choix électoraliste antérieurs (Percebois, 2012).L’UE a construit une politique énergétique commune dans une perspective de développement durable : bouquet énergétique, régulation européenne, nécessité d’un dialogue pour apaiser les inquiétudes des opinions publiques (Fischer, 2011). 

Conclusion

L’accroissement du commerce international et des flux financiers mondiaux a développé une interdépendance des économies qui ne cesse de s’accroître entre États, notamment entre les Etats-Unis et l’Europe. Actuellement, ces deux puissances sont les principaux acteurs de la vie économique internationale. Phénomène intéressant, les rapports de force politiques ne sont cependant pas touchés directement par les interdépendances économiques. Toutefois, à la suite de la crise des Subprimes (2007), la crise financière actuelle remet en question certains modes de gouvernance économique (Bainbridge, 2012). Tous les acteurs de la recherche d’information et du renseignement sont concernés. En effet, maîtriser la connaissance revient à détenir la puissance[26]. Actuellement, le processus de globalisation résulte de l’européanisation mais aussi de l’américanisation du monde, notamment en raison de la mobilité des structures techniques, socio-économiques... Dans un contexte international en pleine mutation économique, les entreprises sont souvent aidées par leur État d’appartenance. La notion de « diplomatie d’entreprise » ou de « diplomatie énergétique » sont ainsi des outils qui se sont fortement imposés sur la scène internationale. C’est dans ce même ordre d’idées que sont envisagées les nouvelles formes de régulation. L’Europe a ainsi fait évoluer la géoéconomie internationale au profit de nouvelles stratégies économiques incitant à la création d’un nouvel ordre international, avec une part de plus en plus importante laissée aux énergies renouvelables (Sun, Stewart et Pollard, 2011). L’information dans le secteur énergétique est un donc un outil indispensable favorisant l’acceptabilité des changements et notamment des pratiques informationnelles durables (Percebois, 2012).

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[1] 11 mars 2011.

[2] Acceptabilité des changements : moyens, techniques et processus pour que la conduite du changement soit acceptée par les acteurs concernés.

[3] « La sécurité économique nécessite une organisation ajustée aux spécificités de compétitivité ; une implication de tous les acteurs participants à toute activité ; une adaptation aux développements et aux évolutions de son environnement ». Memento de base pour la sécurité économique des pôles de compétitivité (2006), Paris : Ministère de l’économie et des finances et de l’intérieur.

[4] Intelligence stratégique : outils, moyens, techniques et processus permettant aux entreprises de mieux appréhender leur environnement concurrentiel et d’anticiper les événements. www.intelligence-strategique.eu

[5] Les Cyber-vandales n’avaient pour but que de pénétrer les systèmes d’information et de s’en servir comme d’un « terrain de jeu » in Cybercriminalité, une guerre perdue ? (hiver 2008-2009)  Paris : Institut Choiseul, La Documentation française, n°6.

[6] Hackiviste : pirate informatique militant.

[7] www.eg8forum.com

[8] Ex.: logiciel prêt à l’emploi LOIC qui permet de faire du déni de service à la chaine. Fontaine G. (19 mai 2011), La vérité sur les cyber-attaques des Anonymous, Challenges, n°257.

[9] Ex. : « révolutions arabes », acceptation de passage de lignes à haute tension dans les propriétés…

[10] Exemples : Freedom of Information Act aux États-Unis (1966), en Australie (1982), en Inde (2002), Access to Information Act au Canada (1980).

[11] Corporate Europe.

[12] G+ Europe : think tank européen, spécialisé dans la prise de décision européenne, www.gpluseurope.com

[13] Cercle de l’industrie.

[14] Risques involontaires. Ex.: accident, incendie…

[15] Menaces, malveillance. Ex. : agression, abus de confiance, vol, fraude, contrefaçon, déstabilisation, terrorisme, espionnage, criminalité économique…

[16] Ex. : faire des tableaux, des tests grandeur nature, des projections, d’établir des projections, des estimations d’influence, des stratégies, des positionnements face à l’environnement, les TIC, la globalisation…

[17] Stratégique, technologique, concurrentielle, commerciale, environnementale…

[18] Anticipation : moyens, techniques, processus pour avoir une longueur d’avance sur ses concurrents.

[19] Système d’information stratégique : mécanisme favorisant la collecte d’information afin de pouvoir optimiser ses connaissances de l’environnement dans lequel évolue les entreprises afin de bâtir une stratégie appliquée et d’accroître ses bénéfices. XP X50-053 (1998), Prestations de veille et prestations de mise en place d’un système de veille, Paris : AFNOR.

[20] Information stratégique : « information contenant des éléments susceptibles de contribuer à la définition, l’infléchissement ou la remise en cause de l’organisation. XP X50-053 (1998), Prestations de veille et prestations de mise en place d’un système de veille, Paris : AFNOR.

[21] Veille stratégique : vigilance permanente quant à la collecte, l’exploitation et la diffusion d’informations sur l’environnement et les organisations (partenaires, alliées, concurrentes).

[22] www.intelligenceonline.com

[23] La convention d’Arrhus (2004), CNIG.

[24] Le problème de l’acceptabilité du risque nucléaire, www.dissident-media.org

[25] « Les Européens et la sûreté nucléaire », Commission européenne, Eurobaromètre, 34 mars 2010.

[26] www.colisee.org


Auteur

Viviane DU CASTEL
Professeur à ISEG ISERAM, ISMEA 


Citer cet article

Du Castel, V. (2013). De l'utilisation de l'information à des fins d'acceptabilité des changements. L'exemple du secteur de l'énergie. Actes de la 5ème édition du COSSI "La culture de l'information et les pratiques informationnelles durables", 19-21 juin 2013 - Université de Moncton, campus de Shippagan, Canada.


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